La Lettre des Arboristes n°3

Les arbres existent depuis des milliers d’année sur la planète et ont contribué à la création de la terre végétale de culture. Pour une bonne gestion des arbres, la méthode scientifique proposant une méthode rigoureuse adaptée au vivant et respectant son intégrité est indispensable pour être efficace. Le travail avec la nature dans le respect de ses principes scientifiques de fonctionnement implique de bien les connaître, comme on apprend un métier pour bien le pratiquer. L’arbre à notre époque est souvent en difficulté végétative, dû aux nouvelles perturbations climatiques plus longues dans le temps et violentes, décalées par rapport aux saisons. Le sol aussi perd de ses qualités avec des climats plus violents créant de l’érosion. L’arbre dans son milieu naturel qu’est la forêt n’a besoin de personne pour vivre bien et vieux. Il faut aussi dire que l’arbre est planté un peu partout et ne fait donc plus partie de son milieu naturel qu’est la forêt, d’où des difficultés par rapport à la constitution et vie du sol. Nous l’avons compris : le climat, nous ne pouvons que l’accepter sans pouvoir rien n’y faire, mais notre action pour la santé de l’arbre devra se porter sur la qualité du sol, se rapprochant au mieux de celui de la forêt. Prendre conscience et avoir les connaissances de la science, par exemple la physiologie végétale et les sciences du sol vont nous permettre de trouver des solutions efficaces au possible mal être de nos arbres qui ne peut être qu’une cause édaphique.

Daniel Chollet

Consultant en cultures de jardins naturels et arboriste en cultures fruitières

Le Bois Raméal Fragmenté

Le bois Raméal Fragmenté ou B.R.F. est une appellation donnée par l’université Laval au Québec, qui a étudié sous la direction du professeur Gilles Lemieux pendant 30 ans, les processus de décomposition en terreau des rameaux de bois frais au contact du sol. Gilles Lemieux et son équipe en ont établi une méthode d’application pour une décomposition rapide au sol en terreau pour un résultat optimisé sur la structure du sol et son pouvoir fertilisant durable. Ces rameaux mesurant moins de 7 cm de diamètre sont nommés dans le langage forestier français les rémanents. En France, lors de la tempête de 1999, certains élagueurs ont eu l’idée de recycler en paillage de massifs de rosiers et arbustes au pied des zones boisées, les copeaux issus du broyage de rameaux mais aussi ce qu’on appelle le bois caulinaire constitué de branches de moins de 7 cm de diamètre et de troncs. Cette pratique remplaçait avantageusement les écorces de pin et avait l’avantage d’être économique sur plusieurs points et le plus essentiel était le recyclage de proximité d’un produit d’élagage devenu « paillage, mulching » et de surcroît se révélant par cette pratique de circonstance, autre son effet protecteur du dessèchement des sols lors de sécheresses, un très efficace restructurant et fertilisant édaphique.  Le BRF canadien, connu en France en 2005 par certains élagueurs en tant que copeaux de bois d’élagage, est un produit très intéressant pour restaurer les sols des massifs d’arbustes, rosiers et vivaces et nommé Produit d’élagage ou Copeaux de bois d’élagage. Le Canada avec ses forêts est très riche en cette matière raméale : les rémanents de base. Ce qui n’est pas le cas de la France où les réglementations forestières exigeaient de garder les rémanents en forêt afin de ne pas acidifier et appauvrir les sols.  En France, nos ressources en produit d’élagage proviennent de travaux en paysage particulier et gestion des patrimoines arborés. La ressource forestière en est exclue pour la raison citée ci-dessus.

Une méthode biologique et économique

Le bois raméal fragmenté, dit BRF, est le nom donné à un mélange de résidus de broyage de rameaux de bois frais. Par sa couverture du sol et son apport en lignine, il favorise le développement d’humus qui permet de limiter, voire de supprimer, le labour, les apports d’engrais et l’irrigation. En utilisant des branches fraichement broyées et répandues rapidement au sol, une pédofaune et une pédoflore vont s’installer et ainsi reproduire les mêmes mécanismes que la forêt, laquelle est autosuffisante. Les BRF sont considérés comme des aggradants et présentent donc un matériau de premier choix pour restaurer les sols épuisés. Les cultures sur BRF permettent de neutraliser les principales maladies. C’est une méthode biologique et économique. A savoir également que le BRF n’est pas assimilable au compost.

Les avantages réels de son utilisation

Appliqué au printemps en couverture du sol (mulching, paillage) sur 5 cm au minimum, il évite le dessèchement du sol par le soleil. Cette action de protection contre la sécheresse est primordiale pour garder un sol vivant. Sa transformation en terreau stable pendant les périodes automnale et hivernale est assurée par des organismes décomposeurs, recycleurs de la nature que sont les champignons, collemboles, acariens oribates, bactéries. Ils en font un terreau riche et stable de 3 à 5 ans. Le terreau, incorporé au sol par les vers de terre, va le décompacter, permettant à l’air (vie aérobie) et à l’eau de pénétrer le sol et contribuer à l’état d’un sol vivant. La couverture du sol sur 5 cm permet son insolation des froids de l’atmosphère hivernal et de protéger la chaleur tellurique (géothermie). C’est ainsi que le sol dans ses 30 cm de profondeur se réchauffe et met en activité les bactéries symbiotiques, champignons de décomposition du bois, collemboles et toute la pédofaune du sol en retrouvant leur fourchette de température d’activité. L’utilisation du BRF au sol sur 5 cm minimum contribue à protéger les arbres des attaques pathogènes en agissant sur la cause des problèmes. Nous agissons sur 3 domaines bien distincts : protection de  l’hydrométrie du sol en évitant le stress hydrique des arbres, aération du sol en le décompactant avec l’aide des vers de terre dans la zone rhizosphérique nourricière, entretien d’un milieu favorable à l’activité des champignons et bactéries édaphiques pouvant être antagonistes des pathogènes de l’arbre.

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